Un jeune sur quatre saurait vers qui se tourner. Les trois autres sont en entreprise

Les OPCO et les CFA ont pris le sujet de la santé mentale des apprentis à bras le corps, en événements et en fiches. Le sujet se joue au quotidien, pendant les périodes hors du centre.

Un apprenti seul dans un atelier, téléphone à la main
Un apprenti seul dans un atelier, téléphone à la main

Opco Atlas organise du 5 au 18 octobre un temps fort national sur la santé mentale des apprentis. Le ministère du Travail a publié un recueil de fiches santé à destination des CFA. Les Carif-Oref y consacrent des webinaires. Le sujet est identifié.

Les chiffres cités par Opco Atlas donnent l’échelle.

  • En 2024, 30 % des 11-24 ans présentaient des symptômes anxio-dépressifs.
  • 25 % des étudiants déclaraient avoir déjà eu des pensées suicidaires.
  • Seul un jeune sur quatre saurait vers qui se tourner.
  • Le CCCA-BTP relève dans sa branche que 25 % des apprentis renoncent à des soins.

La particularité des apprentis

Un lycéen en difficulté est vu tous les jours par des adultes formés à repérer. Un apprenti est vu deux semaines par mois par le CFA, et le reste du temps par un employeur qui n’a ni le mandat ni la formation pour le faire. Les responsabilités professionnelles arrivent tôt, les conditions de vie sont parfois instables, le logement est loin, l’argent manque. Et le moment où ça craque est rarement un jour de cours.

Ce que le CFA peut faire, et ce qu’il ne doit pas faire

Le CFA n’est pas un service de santé. Il ne diagnostique pas, il ne soigne pas. Son rôle, inscrit dans ses missions légales, est d’accompagner le jeune face aux difficultés sociales et matérielles qui peuvent compromettre le contrat, en lien avec les missions locales et les partenaires. Concrètement : savoir que ça ne va pas, le savoir tôt, et orienter vers la bonne ressource.

Les trois marches

Un canal. Un jeune qui peut dire « ça ne va pas » depuis son téléphone, sans devoir attendre le retour au centre ni prendre rendez-vous, parle plus tôt. Dans notre gradation, c’est un signalement de niveau 1. Il ne déclenche pas une procédure. Il déclenche un appel.

Une écoute régulière. Deux questions par période en entreprise, les mêmes chaque fois, pour voir la courbe et pas seulement le point. La recherche allemande et suisse sur les ruptures montre que l’intention déclarée de rompre prédit la rupture réelle, et que l’anxiété au poste est un prédicteur mesurable. On ne le mesure que si on pose la question.

Un annuaire à jour. Numéros d’écoute, points santé, aides au logement, aides financières. Ces informations changent chaque année. Un catalogue tenu dans l’outil, poussé au bon moment, vaut mieux qu’une plaquette de rentrée.

Une preuve

Un essai randomisé en grappes mené en Suisse auprès de 1 351 apprentis a testé un programme de coaching par agent conversationnel sur téléphone pendant seize semaines. Le programme a réduit la consommation d’alcool à risque et l’usage problématique d’internet. Ce n’est pas un outil de suivi de CFA, mais cela montre qu’un canal mobile régulier peut agir sur des apprentis.

Le sujet ne se règle pas en une semaine d’octobre. Il se règle les quarante-huit autres.

Sources : Opco Atlas, 2025 ; ministère du Travail, recueil des fiches santé des apprentis, 2024 ; CCCA-BTP, 2024 ; code du travail, art. L6231-2 ; Empirical Research in VET, 2024 ; IJERPH, 2022 (essai ready4life).

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